Apprendre, s’interroger, grandir, c’est tout cela qu’ont réalisé des élèves de 3ème du collège Yvonne Abbas grâce à un projet mémoriel.
Tous les vendredis, 25 élèves volontaires de différentes classes se sont ainsi retrouvés 1 heure avant les cours, encadrés par Madame Dezitter, Madame Girard et Monsieur Bartoli, respectivement professeure d’histoire, professeure documentaliste, et étudiant en histoire en formation pour devenir professeur.
Ces derniers ont postulé à un appel à projets du Département du Nord intitulé “Le Nord, terre de mémoire vivante” pour réaliser un parcours de mémoire sur les traces des victimes de la Shoah, notamment à Cracovie et à Auschwitz. Depuis 2023, le dispositif offre, en effet, la possibilité aux collèges du Nord de mieux connaître l’histoire locale et nationale, les grands conflits mondiaux et le patrimoine départemental, transmettre les valeurs citoyennes et devenir des passeurs de mémoire.
“J’avais fait un voyage d’étude il y a quelques années à Auschwitz et je me demandais à l’époque s’il était possible d’emmener des jeunes de 15 ans sur ce site où il faut marcher sur des kilomètres, où il ne reste presque rien de ce que furent les camps, et s’il seraient capables, si jeunes, de prendre conscience de là où ils se trouveraient”, explique Nathalie Dezitter, professeure d’histoire. Grâce à ce projet, elle a pu répondre à cette interrogation par l’affirmative.
L’équipe éducative a souhaité préparer ce projet de manière approfondie d’octobre 2024 à juin 2025, autour d’un fil rouge : le génocide. Les élèves se sont engagés dans la démarche avant même de savoir s’ils seraient retenus pour l’appel à projets. Une première séquence de travail s’est déroulée autour de la définition du terme génocide et de recherches sur des génocides récents (Rwanda, Arménie) pour mieux appréhender la notion.Les élèves ont ensuite abordé les instances punissant de tels crimes : Tribunal de Nuremberg, Cour pénale internationale et se sont rendus à Lille pour découvrir des Stolpersteine, pavés de mémoire en laiton, encastrés dans le trottoir devant le dernier domicile de personnes déportées. Ils ont ensuite analysé les rares images de la Shoah disponibles et des dessins de rescapés, avant d’effectuer le voyage jusqu’en Pologne en mars 2025.
Au cours de leur voyage, le travail de restitution avait déjà commencé car deux élèves étaient dotés d’un téléphone et d’un micro pour monter une vidéo narrant leur vécu et celui de leurs camarades.