Ville de la Madeleine

L'église Notre-Dame-De-Lourdes

En lien avec l’urbanisation du Grand Boulevard dans la première moitié du XXème siècle, le quartier a connu une forte croissance démographique.

La mise en place une paroisse est alors devenue une nécessité, les habitants ne disposant que d'une petite chapelle provisoire. 

Un conseil paroissial a été créé en 1934 et a fait appel à plusieurs architectes locaux pour organiser la construction d’une église. Le cahier des charges faisait apparaître 3 principaux critères :

  • L’église devait pouvoir accueillir au minimum 1000 personnes assises.
  • L’esthétique extérieure devait s’accorder avec celle des bâtiments existants du quartier.
  • L’intérieur devait avoir un caractère moderne pondéré.

Le projet retenu a été celui des architectes lillois, Charles-Paul Serex et Michel Vilain. La construction débute en 1935 pour s’achever en 1937 où elle sera inaugurée le 10 octobre.

Le style architectural de l'église Notre-Dame-de-Lourdes appartient au courant art déco, ce qui dénote avec avec la tradition. L’utilisation des briques rouges et les pignons à pas de moineau du presbytère donnent également à l’ensemble un caractère typiquement flamand.

La fresque, située dans le choeur, a été réalisée par Paul Pruvost, prêtre et artiste peintre, qui est également à l’origine des fresques de l’église Sainte-Marie-Madeleine, dont la restauration s’est achevée en début d’année. 

La fresque est divisée en 3 parties : au sommet figure la Trinité, le centre représente l’église souffrante et le bas l’église militante. La Trinité est entourée de saints, dont Saint-Louis et de Jeanne d’Arc. Le personnage central est l’ange de la justice. Il délimite la séparation entre l’église du ciel et celle de la Terre. La fresque tient son originalité dans sa partie basse, où sont représentés des paroissiens et des soldats.

Ce choix de Paul Pruvost n’est pas anodin. En effet, il a été ordonné prêtre en 1917 alors qu’il était lui-même mobilisé durant la guerre. Différents métiers peuvent notamment y être observés, tels qu’ouvrier, ingénieur, vendeuse ou encore comptable. 

Cette partie est ainsi représentative de la vie paroissiale de l’entre-deux-guerres et symbolise les étapes de la chrétienté : la naissance, la communion, le mariage et la mort. 

De conception moderne, l’intérieur est lumineux sans piliers intermédiaires et avec de grandes fenêtres. Notre-Dame-de-Lourdes présente la particularité de mélanger des matériaux innovants pour l’époque : le béton, la brique, le fer forgé et le bois.

Les symboliques sont très présentes dans cette église : le baptistère est placé à l’entrée pour insister sur le premier sacrement de la religion catholique. De même, dans la chapelle d’hiver Sainte-Thérèse, située au fond à gauche, trois baies vitrées en fer forgé sculpté présentent des motifs évoquant la foi, l’espérance et la charité. L’une d’elles représente le premier projet pour l’église qui comportait à l’origine un clocher inspiré des beffrois.